Vous est-il déjà arrivé de ne plus savoir où vous avez rangé vos clés ? Oublier l’anniversaire d’un proche ? Ne plus vous souvenir de ce que vous êtes venu chercher dans la cave ? Il est vrai que la mémoire nous joue parfois des tours, mais comment fonctionne-t-elle exactement ? Pourquoi nous fait-elle parfois défaut ? Réponses avec le Dr Adrian Ivanoiu, neurologue à la Clinique de la mémoire, Cliniques universitaires Saint-Luc (Bruxelles).

Comment fonctionne la mémoire ?

La mémoire repose sur des mécanismes relativement complexes que l'on a souvent tendance à résumer en 3 étapes : l'enregistrement de l'information, le stockage et la récupération. « En réalité, il y a plusieurs types de mémoire », précise le Dr Adrian Ivanoiu. « Et pour chaque cas de figure, ces 3 étapes s'appliquent de manière différente. » 

  • La mémoire procédurale : correspond à la plus ancienne des mémoires. Il s'agit de l'apprentissage par la pratique, les gestes que nous avons appris en les effectuant, jusqu'à ce qu'ils deviennent une habitude. Par exemple : rouler à vélo.
  • La mémoire de travail : traite et conserve l'information à très court terme, juste le temps d'avoir une image globale. Par exemple : c'est la mémoire qui agit lorsque vous retenez un numéro de téléphone pour le former immédiatement. Il s'agit d'une mémoire qui consomme beaucoup d'énergie et qui est très sensible à notre état général : elle est moins efficace lorsqu'on est fatigué, stressé ou qu'on a mal dormi.
  • La mémoire déclarative : concerne l'enregistrement, le stockage et la restitution des informations sur le long terme. Elle est dite « déclarative », car il s'agit d'une mémoire qu'on peut facilement mettre en paroles. Cette mémoire a une énorme capacité et n'est jamais vraiment saturée.

Les capacités cognitives diminuent, mais pas tant que ça…

La mémoire déclarative permet donc de stocker les informations à long terme, voire définitivement, mais la récupération de ces informations n'est pas toujours aisée. Avec le temps, la « trace » de ces informations s'affaiblit tant et si bien qu'on ne parvient plus à la récupérer… Et pourtant, elle est bien là, inaccessible. Il suffit parfois d'un « indice » pour la faire rejaillir par surprise.

En outre, personne n'ignore que la mémoire décline avec le temps. « La mémoire procédurale est celle qui résiste le mieux. Mais les deux autres mémoires sont très sensibles à l'âge », explique le Dr Ivanoiu. « Passé un certain âge, les capacités de concentration diminuent, l'encodage des informations s'effectue plus difficilement et la récupération demande plus d'effort. » 

Malgré ces quelques désagréments, rassurez-vous, nous disposons quel que soit notre âge d'assez de mémoire pour pouvoir fonctionner normalement. « En principe, une personne de 60 ans en bonne santé pourrait retenir la même quantité de matière qu'un étudiant de 20 ans, mais cela lui demandera toutefois nettement plus de temps et d'énergie. »

Booster votre mémoire !

Peut-on réellement entraîner ou « muscler » sa mémoire afin qu'elle soit toujours au top de ses capacités ? « Il y a différentes façons de s'y prendre », explique le neurologue. « Pour certains, il faudra mettre l'accent sur la mémoire visuelle. Pour d'autres, les mots seront plus importants et c'est probablement la création d'une histoire qui va leur permettre de lier les éléments à retenir. Certains préfèreront les moyens mnémotechniques, les chiffres…

À vrai dire, il n'y a pas de recettes « miracle ». Il faut simplement que le sujet soit motivé par la méthode choisie. Quoi qu'il en soit, plus les indices sont nombreux autour d'un élément à retenir, plus on a de chances de le retrouver plus tard. Autrement dit, plus on comprend ce que l'on cherche à retenir, meilleur sera le souvenir !

Une bonne hygiène de vie vous permettra également de maintenir votre cerveau en forme. Le sommeil, par exemple, a un effet très favorable sur la mémoire : il consolide les informations emmagasinées pendant la journée. De même, l’activité physique entraîne des réactions chimiques et hormonales qui influencent le cerveau. En revanche, évitez l’alcool qui a un effet très négatif sur la mémoire.