La recherche du bonheur et du bien-être est une question qui ne mobilise pas que les psychologues. Les scientifiques spécialisés dans les neurosciences ont fait, en la matière, de grandes avancées : et si la bonne recette consistait simplement à privilégier la sérotonine plutôt que la dopamine ?

La sérotonine, l’hormone du bonheur ?

La sérotonine est un neurotransmetteur essentiel à la régulation de nos humeurs tandis que la dopamine est synonyme de plaisir immédiat. De nombreux antidépresseurs agissent d’ailleurs en augmentant le taux de sérotonine. La bonne nouvelle, c’est que nous avons beaucoup de solutions à notre portée pour atteindre cet état de plénitude et rendre notre cerveau plus heureux ! Épicure, déjà, prônait non pas la quête effrénée du plaisir, mais plutôt un art de vivre qui menait sur la voie du bonheur : se contenter de ce que l’on a, vivre l’instant présent en pleine conscience, donner plutôt que recevoir et partager l’amitié.

La dopamine et le circuit de la récompense

À l’inverse, les neurosciences démontrent qu’il existe aussi une chimie du mal-être particulièrement active dans nos sociétés occidentales : la dopamine est liée au plaisir immédiat et souvent à la notion de récompense. Ce neurotransmetteur est indispensable à la survie de l’espèce : sans lui, nous perdrions le goût de vivre (recherche du plaisir de la nourriture qui nous permet de rester en vie et celui du sexe), mais crée aussi les addictions qui sont l’exact opposé du bien-être si la récompense devient un but en soi.

S’il suffisait de peu pour être mieux ?

Le scientifique Robert Lustig (endocrinologue pédiatrique américain) met en évidence la hausse de la dopamine au détriment de la sérotonine et l’explique par l’abondance de tout ce qui procure un plaisir immédiat : aliments sucrés, alcool, réseaux sociaux, etc. Plus on opte pour ces satisfactions éphémères en tentant d’échapper au stress du quotidien, plus le problème s’aggrave. Cet état de stress devient alors chronique. Il touche une part croissante de la population et affecte souvent le sommeil et la santé en nous privant de notre capacité à nous adapter à notre environnement, à faire face au changement ou aux problèmes (burn out).

Comment favoriser la production de sérotonine ?

Par exemple, la méditation, le yoga et les massages. Antoine Lutz, spécialiste de l’étude des effets de la méditation sur le cerveau (Centre de recherche en neurosciences de Lyon) démontre que la méditation nous libère de la rumination. Nous résistons dès lors mieux au stress. Des examens d’imagerie par résonance magnétique ont montré l’action durable de la méditation sur les zones du cerveau impliquées dans la mémoire, l’apprentissage, la régulation des émotions, la conscience de soi et la perception des autres. Il existe de nombreuses formes de méditation et malheureusement, de dérives. Néanmoins, il existe partout de bons praticiens qui organisent des cours et des stages pratiques.

Plusieurs techniques de méditation sont utilisées :

  • La technique de concentration sur une chose précise (respiration, objet visuel, son…) vise à stabiliser le mental et à produire du calme.
  • La technique d’attention et de concentration sur le présent génère une meilleure compréhension et augmente notre sérénité puisque nous maîtrisons mieux notre environnement et nous voyons la vraie nature des événements.
  • La cohérence cardiaque (synchronisation de notre respiration avec notre rythme cardiaque), l’hypnose… sont également des outils qui favorisent la production de sérotonine. En seulement 8 semaines de pratique, nous pouvons obtenir des résultats, alors pourquoi ne pas essayer ?

4 rituels essentiels à pratiquer au quotidien

Alex Korb, un spécialiste des neurosciences de l’Université de Californie Los Angeles, propose quant à lui 4 rituels essentiels à pratiquer quotidiennement
pour augmenter le taux de sérotonine et de dopamine, facteurs de bien-être :

1. Pratiquer la gratitude : ce qui compte, c’est surtout la recherche des petits bonheurs de notre vie. Notre gratitude aura également un impact positif sur nos relations avec les autres et rendra les interactions sociales plus plaisantes.

2. Reconnaître et nommer les émotions douloureuses en réduit leur impact : tout d’abord, il faut les identifier à travers nos sensations corporelles (sueur, tremblement, douleur…) puis les comprendre, c’est-à-dire reconnaître non seulement le déclencheur (une parole, un fait…), mais aussi le besoin qui se cache derrière elles (besoin de reconnaissance, par exemple). Ensuite, il convient de les exprimer de manière acceptable et constructive.

3. Prendre des décisions réduit l’anxiété : en effet, le simple fait de prendre une décision indique à notre cerveau que les choses sont « sous contrôle » et produit de la dopamine, hormone de la récompense.

4. Favoriser les relations sociales : pour nous construire, nous avons besoin d’être acceptés, aimés, reconnus et compris par les autres. Le rejet social a un impact aussi douloureux qu’une blessure physique. Le toucher est également important ; il libère l’ocytocine, l’hormone qui nous permet d’aimer et de ressentir de l’empathie. Alors, oui aux câlins ou aux simples gestes d’amitiés !