Les troubles du sommeil sont extrêmement fréquents de l’enfance au troisième âge. On considère qu’une personne sur 2 développera un épisode d’insomnie au cours de sa vie. Quels sont les principaux troubles ? Quels sont les symptômes ? Comment les traiter ? Réponses avec le Dr Julien Fanielle, neurologue au CHU de Liège.

Qui n’a jamais passé une mauvaise nuit ? Mais attention, ne négligez pas la qualité de votre sommeil ! « On a tendance à banaliser les troubles du sommeil, à mettre la fatigue sur le compte du travail, des enfants, de l’âge… », explique le Dr Fanielle, neurologue au CHU de Liège. « Pour la majorité des troubles du sommeil, il existe pourtant des solutions et un traitement. Mieux vaut donc consulter plutôt qu’avoir une qualité de vie altérée à cause d’un sommeil fragmenté. D’autant plus que souffrir d’un trouble du sommeil expose à d’autres problèmes de santé ».

Insomnie

Il existe 2 types d’insomnie : l’insomnie aiguë et l’insomnie chronique. Le Dr Fanielle précise : « L’insomnie aiguë se caractérise par une difficulté à s’endormir ou à maintenir le sommeil, avec l’impression d’un sommeil non réparateur et des répercussions en journée : fatigue, troubles de la concentration, somnolence, irritabilité, etc. L’insomnie aiguë dure généralement moins de 3 mois avec moins de 3 mauvaises nuits par semaine ». Quant à l’insomnie chronique, elle présente les mêmes caractéristiques, mais dure plus de 3 mois avec plus de 3 mauvaises nuits par semaine. Le premier traitement de l’insomnie est non médicamenteux, il s’agit de la thérapie cognitivocomportementale de l’insomnie. Efficace dans 80 % des cas, elle consiste à analyser les habitudes de sommeil du patient et le contexte dans lequel s’inscrit l’insomnie. Pour 20 % des insomniaques, un traitement médicamenteux est nécessaire.

Syndrome d’apnée obstructive du sommeil

L’apnée obstructive du sommeil se caractérise par des ronflements, la bouche sèche au réveil, le fait de saliver sur l’oreiller, des troubles de la concentration, la fatigue, la somnolence,… Pour diagnostiquer une apnée du sommeil, il est nécessaire d’effectuer une polysomnographie, c’est-à-dire un enregistrement du sommeil à l’hôpital. Si l’apnée est avérée, une deuxième nuit à l’hôpital sera programmée, mais cette fois avec un traitement par un masque « CPAP », c’est-à-dire « un traitement qui permet de maintenir la voie aérienne ouverte à l’aide d’un masque placé sur le nez ou qui recouvre le nez et la bouche ». Outre le « CPAP », il existe d’autres traitements comme l’orthèse mandibulaire, sorte de gouttière posée au niveau dentaire. Il est essentiel de traiter efficacement le syndrome d’apnée obstructive, car il augmente le risque de développer un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral, de la fibrillation auriculaire, du diabète,…

Le syndrome des jambes sans repos

Le syndrome des jambes sans repos touche à peu près 8 % de la population. La majorité des personnes qui en souffrent présentent des mouvements involontaires des membres pendant la nuit, principalement les membres
inférieurs. Ces sensations désagréables sont aggravées par l’immobilisation et soulagées par le mouvement. « La première chose à faire face à ce syndrome, est de vérifier les réserves en fer », précise le neurologue. « Elles doivent être
supérieures à la norme. Il existe aussi un traitement médicamenteux ».

La narcolepsie

La narcolepsie se définit par un endormissement incontrôlable avec des hallucinations à l’endormissement, des paralysies du sommeil, etc. et qui est déclenché notamment par le rire ou l’effet de surprise. Elle concerne 30 à 50 personnes pour 100.000.

Et encore quelques conseils

  • Évitez le tabac, l’alcool, le café, les repas lourds en soirée.
  • Le soir, évitez les écrans à lumière bleue des ordinateurs, tablettes, smartphone, etc.
  • Pratiquez une activité physique, mais pas en soirée !
  • Si vous souffrez d’insomnie, évitez les siestes.
  • Ne restez pas dans votre lit si vous ne trouvez pas le sommeil.
  • Respectez un rythme de sommeil régulier en semaine et même le week-end.