L’utilisation des réseaux sociaux par les enfants et adolescents a augmenté de manière exponentielle ces dernières années. En tête de liste : Facebook, Instagram et Snapchat. Au-delà du côté social et amusant de ces réseaux, une utilisation trop intensive comporte-t-elle des risques ? Quelles solutions peuvent apporter les parents?  Quels rôles doivent-ils jouer ?

Enfants connectés

Les adolescents d’aujourd’hui sont nés avec les réseaux sociaux. Ils sont ce que l’on appelle une génération d’"hyperconnectés". Ils postent à tout-va, sur leurs instants de vie, leur vie privée, etc. Cela peut nous effrayer, mais pour eux, cette pratique est tout à fait normale. Ils ont d’ailleurs une meilleure maîtrise et connaissance de ces réseaux que les adultes. Est-ce donc sans risque ? Tout va dépendre de la façon dont ils s’en servent… 

Médias sociaux : quels risques ? 

Le conférencier, auteur et pédagogue Christophe Butstraen parle de risques plutôt que de dangers. "Le premier risque à gérer, c’est le quantitatif. Ils y passent trop de temps, en dépit d’autres activités : étude, vie de famille, vie associative ou vie sociale. La solution est compliquée, mais il s’agit de mettre des limites. Il vaut mieux gérer une utilisation cadrée que de gérer une interdiction généralisée."
Une des conséquences d’une utilisation intensive pourrait tout d’abord être l’impact sur leur santé, autant physique que mentale. En effet, les utilisateurs intensifs dorment souvent mal et peu. La cause ? Ils ont du mal à quitter les réseaux sociaux le soir et à s’endormir. Au lieu de se préparer à dormir dans la pénombre qui suscite la production de mélatonine (appelée l’hormone du sommeil), la lumière bleue des écrans ravive l’état d’éveil. S’en suivent des décalages dans les cycles de sommeil et des conséquences comme l’insomnie ou des déficits chroniques de sommeil. Or, le sommeil est indispensable pour le cerveau en développement des adolescents. En cause aussi, la mauvaise hygiène de vie des utilisateurs intensifs qui restent sédentaires durant de longues heures sur leur chaise, mangent mal ou sautent des repas. L’exercice régulier et l’alimentation saine sont en effet nécessaires à une bonne santé mentale et physique, plus encore pour des ados en pleine croissance.

La culture de l’égo

Un deuxième risque pour les jeunes concernerait l’utilisation "passive" des réseaux sociaux; c’est-à-dire l’observation des profils d’autres utilisateurs. Cette pratique peut entraîner des sentiments de jalousie, rancœur, peut diminuer l’estime de soi, la confiance. Or, tout adolescent, pour se construire, a besoin de se mettre en image, de se montrer. Il est nécessaire pour lui d’être regardé et reconnu pour se reconnaître lui-même. Il s’agit d’une étape dans sa propre construction identitaire. Les réseaux sociaux sont donc pour lui le lieu idéal où mener sa quête identitaire et se construire par le regard de l’autre. Mais pour certains adolescents, ce regard peut devenir très angoissant. L’adolescent n’est pas exposé uniquement au regard de quelques amis, mais aussi de milliers de personnes. La sphère de l’intimité devient alors publique et interactive, l’écran les entraînant dans un sentiment de dépossession de leur intimité. 
"Les réseaux sociaux représentent la culture de l’égo", ajoute Christophe Butstraen. "On s’expose, donc on attend un retour positif". Beaucoup de jeunes postent, en effet, dans l’espoir et l’attente d’être remarqué, « liké », apprécié, pour susciter l’approbation et l’admiration des autres. D’après le Professeur Delvenne, cette recherche de reconnaissance fait partie de la nature même de l’être humain : "C’est juste l’outil qui montre comment l’être humain est réellement. Ce n’est pas l’outil qui crée cela. Je ne suis pas dans cette idéologie que tout est mauvais."

Tout est une question d’équilibre

Les réseaux sociaux ne doivent pas être considérés comme purement négatifs. Ils offrent en effet aux jeunes la possibilité de s’individualiser, en leur permettant de s’exprimer en dehors du regard de leurs parents, hors de la sphère familiale. "C’est un accès extrêmement rapide à toute une série de connaissances", ajoute la psychologue. "Les jeunes sont plus en contact qu’auparavant."
Le rôle des parents et des éducateurs dans le monde scolaire,  consiste à communiquer avec les jeunes et les sensibiliser sur les risques et les conséquences de certains comportements en ligne. Leur parler, entre autre, de la question du harcèlement. Il s’agit aussi d’instaurer des limites et un cadre global qui, selon le pédagogue, "doivent tenir compte de la réalité des ados. Le but n’est pas d’interdire." Ensuite, il est important que les parents prennent leur rôle d’éducateurs à cœur en aidant le jeune à s’accepter, à ne pas chercher la comparaison et l’approbation chez les autres.